Photos anciennes

Merci à Denis Jacob de nous avoir permis la parution de ces témoignages du passé.

 

Arriance dictionnaire Viville

En 1817, VIVILLE note dans son Dictionnaire du département de la Moselle :

« ARRIANCE,village situé près de la forêt de Remilly, sur un petit
ruisseau qui se jette dans la Nied française, ancienne province de
Lorraine ( duché de Lorraine ), mairie, annexe de la paroisse de Many,
arrondissement de Metz, canton de Faulquemont, à 28 km de Metz, SS.O. de Faulquemont ; population 430 individus, maisons 39, territoire productif 534 hectares, dont 78 en bois ; un moulin. »

Claude Philippe de VIVILLE (1770-1841) est l’auteur du Dictionnaire du Département de la Moselle.

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Extrait du livre de JM BENOIT, « Moulins et Meuniers du Pays de la Nied »

Le Moulin du Gravelot : il servait autrefois à moudre le grain et filer la laine. Il a été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale et appartenait jusqu’en 1985 à la famille Flamant. Le moulin était situé sur le cours d’un ruisseau prenant sa source entre Many et Herny appelé « haut de fontaine ». Subsistent encore la retenue d’eau et la chute.

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Il y a 75 ans

Novembre 2015 :   il y a 75 ans…

L’église paroissiale d’Arriance présente un vitrail offert par la municipalité d’Espalion, en Aveyron. Mais quel est donc le lien qui unit cette ville baignée par le Lot à notre village ? nd-de-la-negrette

Ce lien s’est créé, il y a 75 ans, alors que la seconde guerre mondiale était encore à ses débuts et que les habitants des territoires occupés subissaient l’expulsion. 

En Novembre 1940 : les Mosellans sont expulsés.

La Deuxième Guerre Mondiale affecte douloureusement les populations civiles : l’Alsace et la Lorraine étaient des territoires allemands et subissaient la germanisation des lieux. C’est ainsi qu’Arriance devint ’Argenchen’, il en fut ainsi pour les autres communes occupées. En Novembre 1940 le Gauleiter Joseph Bürckel (Gauleiter est l’équivalent d’un préfet) ordonna l’expulsion des habitants afin de laisser la place à des populations de langue allemande. La phase d’expulsion s’effectua du 12 au 22 Novembre 1940, les civils furent rassemblés avec leurs effets personnels (ce qu’ils purent porter) et 2000 francs (anciens francs), puis ils furent acheminés en bus vers la gare du Sablon, à Metz pour rejoindre la France libre par le train.

Paroles d’un Expulsé, Georges JACOB : « MES SOUVENIRS SUR L’EXPULSION EN 1940 DES HABITANTS D’ARRIANCE. 

Âgé de 13 ans, je me souviens que le 18 Novembre 1940, à 9h du matin, l’occupant allemand envoyait dans notre village autobus et camions pour embarquer nos familles pour une destination inconnue avec 50kg de bagages et 2000 francs (anecdote : j’avais des billets cachés dans la doublure de mes vêtements.) L’occupant a gardé les mineurs et les employés de la SNCF. 

Je me souviens de cet embarquement en gare de Metz-Marchandises dans un train peu confortable et de cette arrivée en zone libre accueillis par des troupes françaises qui nous ont rendu les honneurs. 

Je me souviens de la célébration du mariage civil, à Arriance, de deux habitants, Firmin DOSDA et Hélène DOULCO, par le Maire, Albert GANDAR le matin du 18 Novembre. Le mariage religieux a eu lieu à Espalion. 

Je me souviens de cette arrivée en terre d’accueil où nous fumes reçus par les municipalités et hébergés aussi bien que possible. Les expulsés qui ont été accueillis à Espalion ne sont partis d’Arriance que l’aprés-midi du 18 Novembre 1940. Les familles EBNER – FLAMANT – VEVERT – TROESTER – DOULCO – DOSDA – REBOIS ainsi que l’Abbé WEBER ont été réfugiés à Espalion.

J’en oublie peut-être ou l’une ou l’autre n’est pas allée à Espalion. Les communes d’accueil furent, dans le département du Lot : ESPERE, CAZALS, SALVIAC, LIMOGNE, LES JUNIES, LHERM, PELACOY, commune de FRANCOULES, ISSENDOLUS, SAUZET et dans le département de l’Aveyron, ESPALION.

Durant les années 1940 à 1945, quelques naissances eurent lieu, ainsi que des mariages entre expulsés et jeunes du village d’accueil, des décès furent enregistrés et les dépouilles furent ramenées dans notre cimetière aux frais de l’Etat.

nd-la-negrettePendant les années 1940 à 1945, les maisons d’Arriance étaient vides, à part celles occupées par les ’Siedler’,- les colons – qui ont exploités les terres des agriculteurs expulsés. Durant ces années, les familles retenues par l’occupant ont été obligées de se soumettre à l’autorité allemande, avec la peur au ventre que l’un soit incorporé de force dans la Wehrmacht ou au travail obligatoire, l’Arbeitdienst.

Pour le retour à Arriance en 1945, par le train, il était curieux de voir des personnes avec une cage avec poules ou lapins. Le retour a duré 2 jours avant de retrouver un village qui avait subi la guerre, avec des maisons détruites ou très endommagées. Certaines personnes sont allées récupérer des chevaux ou des meubles en Allemagne. » 

Extrait du Bulletin Municipal d’Arriance n° 39

village-1945

vitrail-detail Vitrail offert par la ville d’Espalion.

« La Ville d’Espalion (Aveyron) où furent réfugiés en 1940 les expulsés d’Arriance en témoignage d’affection et de sympathie »

Dans la chapelle de l’hôpital d’Espalion se tient une Vierge Noire Pleureuse, dite la Négrette, elle fait partie d’un retable datant de 1777.

75 ans plus tard,

les liens unissant Espalion à Arriance demeurent forts, il y a quelques années, le collège Lucien Pougué de Rémilly a rencontré le collège d’Espalion. Un livre retraçant l’histoire d’Arriance fut envoyé au maire d’Espalion en 1991 et récemment, à la cérémonie du 8 Mai 2015, à Espalion, hommage fut rendu aux expulsés d’Arriance.

A l’occasion de ce 75ème anniversaire, une carte de commémoration émise par la municipalité d’Arriance a été envoyée aux mairies des villes d’accueil.

Grand merci à Georges JACOB, passionné par l’histoire de son village             

                                          georges-jacob

et qui a partagé souvenirs et anecdotes.

 

Héraldique les Armoiries de notre Village

Un peu d’histoire…

blason

Le 9 Février 1948, la Commission Départementale d’Héraldique a été créée.
Le 19 Février 1950, le Conseil Municipal d’Arriance délibère sur la délivrance des armoiries.

Le blason d’Arriance se distingue par :

« DES GUEULES À LA CLEF D’OR FLANQUÉE
D’UNE CROIX DE LORRAINE D’ARGENT
PARTI DE SABLE AU LION D’ARGENT,
ARMÉ, COURONNÉ ET LAMPASSÉ D’OR »

En héraldique, – science des blasons, écus et armoiries,- le terme ’gueules’ indique la couleur rouge, ’de sable’ la couleur noire et ’lampassé’ précise la couleur de la langue de l’animal, ici un lion à la langue d’or.
La clé est l’emblème de la sûreté, et c’est l’ancien symbole de la liberté et de la puissance.

Les anecdotes de l’histoire d’Arriance.

Denis Jacob a rédigé un ouvrage de 120 pages collectant des données historiques sur le village d’Arriance. Passionné par l’histoire locale, il livre quelques anecdotes recueillies auprès des anciens.

‹‹ Quand j’avais 14 ans, je jouais au foot dans l’équipe locale. Les joueurs avaient la responsabilité d’organiser en partie la fête du village. En 1989, j’ai créé la section ‘histoire et vie locale’ au foyer rural. Je m’étais engagé à produire un recueil de documents accompagné d’une exposition d’anciennes photographies pour la fête suivante. L’ouvrage a été imprimé à 300 exemplaires. Le premier chapitre qui traite de l’époque romaine a été  réalisée par M. Antoine, instituteur au village vers 1954, j’ai retravaillée et enrichie cette étude avec les archives de la préfecture. René Peltier, ancien villageois, m’a confié des extraits du registre du Conseil de Fabrique.  Mon arrière-grand-père était originaire de Bambidestroff et il a marié une fille d’Arriance où il s’est installé comme forgeron. Ma grand-mère maternelle me racontait les histoires du village: Arriance était considéré comme un village de sorcières, ces dernières allaient danser le sabbat à l’orée du bois, au lieu-dit ‘la peste’.. Enfants, nous avions peur d’aller à la source de l’Aisne, le ruisseau qui longe Arriance, les anciens disaient que les profondeurs de la source  avaient englouti des chevaux et la charrette qui s’étaient avancés trop prés.  En 1753, Arriance était une annexe de Herny connu alors pour son commerce de la toile. De nombreux tisserands travaillaient dans le secteur, le moulin de Gravelot fut utilisé comme filature.

 

En 1850, le chemin de fer a généré des remous pour l’implantation de la gare qui aurait dû être à Arriance. Il semblerait que les paysans d’alors n’étaient pas d’accord pour céder des terres.

Et en 1918, après la libération, l’effigie du Kaiser Guillaume II fut brûlé sur la Voie Romaine.    Longtemps, un coin du cimetière, appelé le coin des pendus, était réservé aux dépouilles des suicidés. Ils n’avaient pas droit à un enterrement religieux et le cercueil, qui ne pouvait franchir la porte du cimetière, était porté par dessus le mur d’enceinte. La fête était un moment fort de l’année, elle démarrait le vendredi soir et se terminait par son enterrement le lundi. Les repas de la fête ont débuté en 1976, on allait collecter certains aliments directement chez les habitants…Les bals étaient fréquents, l’abbé Loewenbruck, installé à Arriance en 1911, ‘caillait’- épiait- les amoureux pour les dénoncer dans ses prêches. Les bandes des autres villages voulaient en découdre avec les jeunes d’ici lors des bals…L’année 1958 fut marquée par 13 naissances, Arriance comptait environ 150 personnes. L’électricité fut branchée en 1927, l’eau courante acheminée en 1971.››

‹‹Avant, souligne Eliane Jacob, mère de Denis, trois fontaines alimentaient le village en eau, et quand le gel empêchait l’écoulement, de la paille était placée autour la pompe, puis brûlée pour faire fondre la glace.››